Les dossiers de la CIA Journal de l’île 18 juillet2003 Marine Dusigne
Actualité bouillonnante dans le chaudron de la danse où Ismaël Aboudou mitonne de nouvelles agapes chorégraphiques pour les amateurs de mouvement. A commencer par le gala de fin d’année de retour à champ fleuri avec une armée de danseurs de 4 à 55 ans
« C’est un événement pour nous après deux années d’absence qui nous ont semblé bien longues, l’ODC nous ouvre à nouveau ses portes les 18 et 19 juillet pour nous permettre d’assurer notre gala d’école dans les meilleurs conditions », annonce jovial le directeur de la compagnie Ismaël Aboudou, autrement dit la CIA pays qui s’active à la mise en scène de quel que centaines d’émules, un vivier allant de la maternelle à l’âge de la retraite.
L’affaire tourne rond avec l’équipe pédagogique de cet établissement où se prépare également le second stage international de l’année, le premier, mis sur pied au retour d’Ismaël Aboudou de New York ayant eu l’heure de plaire et de répondre à la demande de formation dans une île où les amateurs de danse jazz, contemporaine, classique et autre hip hop style sont légions.1)
Première promo à la CIA le JIR le mercredi 15 septembre 2004 Marine Dusigne
En Août 2001, Le danseur et chorégraphe Ismaël aboudou concrétisait l’envie d’ouvrir son école à la préparation de l’examen d’aptitude technique, exigé pour s’inscrire en métropole au cursus du diplôme d’Etat. Il ficelait alors son projet pour que les assemblées puissent l’accréditer. Deux ans plus tard la région a donné le feu vert et le premier examen préparatoire à l’enseignement du jazz vient de ce déroulé à la Réunion.
La patience fini par payer, refrain connu, mais requiert tout de même une sérieuse motivation. Ismaël Aboudou n’en manque pas et progressivement mène à bien ses projets. Prouvant qu’une formation plus un examen national organisés localement seraient moins coûteux qu’un envoie systématique de jeunes apprentis danseurs en métropole, Il a fini par convaincre la Région de soutenir son idée d’orchestrer l’EAT chez lui, au Moufia, obtenant ensuite l’aval du ministère de la Culture. Même s’il ne s’agit encore que d’une classe expérimentale, la préparation aux études requises pour le diplôme d’Etat indispensable aux futurs prof de jazz, a donc bien eu lieu dans son école, concernant seize participants qui au final n’ont été que onze à passer devant le jury composé de quatre experts venus de la mère patrie. Un jury qui a délivré leur EAT à trois danseuses : Sarah hassani, Emeline Ivanhoé et Gaëlle Assam. Soit 25% de réussite à l’instar des chiffres obtenus dans les régions métropolitaines, qui l’an dernier tournaient autour de 20% , la sélection dans une discipline de plus en plus populaire en France s’avérant de plus en plus sévère, l’exigence de qualité venant contrebalancer les approximations déversées sur le marché de l’enseignement par les usines à fabriquer les stars dont se prévaut la télévision.
Un bon début pour la réunion et pour l’école d’Ismaël Aboudou
Qui souhaite que l’expérimentation soit suivie d’effets durables. Aussi relance-t-il un dossier pour voir l’aide renouvelée l’an prochain et si possible pérennisée.
Les Danseuses doivent s’exiler pour le diplôme d’Etat
Témoignage Jeudi 16 septembre 2004
Trois jeunes danseuses de la Compagnie Ismaël Aboudou ont réussi leur examen d’aptitudes techniques. Mais pour l’heure, elles ne peuvent continuer leur préparation au professorat n’est habilitée à préparer le DE.
L’histoire remonte en 2001. La CIA cherchait à mettre en place deux formations, l’examen d’aptitudes techniques et le diplôme d’Etat. En 2004, trois danseuses de la célèbre école ont ainsi obtenu l’examen d’aptitudes techniques(EAT) en danse jazz, tremplin pour le diplôme d’Etat, qu’aucune école n’est encore habilitée à préparer dans l’île. Ce dernier diplôme, le DE indispensable pour enseigner officiellement la danse. Les élèves qu’a en charge la compagnie dionysienne ont bien évidement le potentiel pour réussir cette étape. Hivanhoï Emeline, une des danseuses à avoir réussi l’EAT, souhaite ainsi se rendre l’année prochaine dans l’hexagone pour finir son cursus.
Le mieux aurait été que les élèves puissent se préparer à la Réunion.
Sarah hassani, une autre lauréate, n’aura peut être pas cette chance. Professeur de fitness, elle aurait préféré se lancer dans ce qu’elle considère comme une passion, mais devra attendre.
Un effort avait été fait par la compagnie de danse pour que ses élèves puissent se préparer localement dans le cadre de l’EAT. Non sans difficultés, au vu du retard de certaines collectivités à financer le projet.
24% de réussite à l’examen
« La région a été la première à se manifester », explique Ismaël Aboudou, précédée par la direction régionale des affaires culturelles. Le projet aurait donc pris du retard. La compagnie reste fière de ses résultats. « On peut faire mieux », reconnait l’administrateur de la CIA, mais les chiffres nationaux confortent l’école de danse. En 2000, au plan national, sur 285 participants à l’examen, seuls 57 sortent diplômés, soient 20% des inscrits. En 2004, ils sont 1800 à vouloir obtenir l’EAT.120 seulement ont reçu le fameux diplôme, ce qui représente 6,7% des inscrits.
La Compagnie Ismaël Aboudou peut quant à elle se féliciter d’avoir 24% de réussite à cet examen, et « estime pouvoir poursuivre cette formation » dans les années à venir.
Même s’ils ont dû faire face à des contraintes (convocation à une semaine de l’examen), les danseurs ont pu présenter la chorégraphie imposée, la variation libre, l’improvisation sur un thème donné, et surtout l’entretien.
La Compagnie Ismaël Aboudou souhaite maintenant obtenir l’habilitation en tant que centre de formation, habilité à préparer les danseurs au diplôme d’Etat.


